Rendons la gestion du temps accessible en illustrant 10 lois simples et redoutablement efficaces, Ă travers le quotidien de Christophe, chef d’entreprise.
Lois de gestion du temps illustrĂ©es par une histoire…
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Les lois de gestion du temps pour chefs d’entreprises : l’histoire de Christophe.
Revenons Ă Christophe. Son entreprise plafonne Ă 1,5 millions de chiffre d’affaires depuis des annĂ©es. Pour amĂ©liorer ses rĂ©sultats, notre dirigeant n’Ă©conomise pas ses efforts. Pourtant, la rentabilitĂ© est très prĂ©caire et lui-mĂŞme est au bord de l’Ă©puisement. Pourquoi ? DĂ©couvrons son quotidien.
Christophe : un dirigeant passionné
Christophe Ă©tait particulièrement occupĂ© et c’Ă©tait normal : il Ă©tait passionnĂ©. Il aimait son travail, trop peut-ĂŞtre. Mais Christophe aimait particulièrement rĂ©aliser son travail lui-mĂŞme. Et lorsqu’un client avait un problème avec son matĂ©riel, la fibre du technicien vibrait en lui. En moins de temps qu’il n’en faut pour le planifier, il Ă©tait chez son client. Son excuse, c’Ă©tait la satisfaction client. Son alibi, c’Ă©tait la nĂ©cessitĂ© de conserver ses clients, car l’entreprise en avait besoin – et vue le niveau d’activitĂ©, c’Ă©tait quasi-vital. Mais sa motivation profonde et rĂ©elle Ă©tait diffĂ©rente : c’Ă©tait trouver la raison technique qui causait le dysfonctionnement annoncĂ©. En fait, il consacrait le plus clair de son temps Ă faire ce qu’il aimait. En ce sens, il suivait la loi de Fraisse.

Son domaine, c’Ă©tait l’Ă©lectronique. Croire en ses produits ne lui suffisait pas ; il aimait produire ses produits. Il cherchait de nouvelles solutions, s’Ă©merveillait devant les Ă©volutions technologiques, restait Ă la pointe des nouveautĂ©s. Et il pouvait y passer beaucoup de temps. Il aurait sans doute pu collecter le mĂŞme niveau ou la mĂŞme quantitĂ© d’information en moins de temps. Mais il arrivait toujours Ă utiliser tout le temps prĂ©vu, sans finir en avance, conformĂ©ment Ă la loi de Parkinson.
Il avait clairement Ă l’esprit que les choses prennent naturellement plus de temps que ce qu’on imagine au dĂ©part. C’est la loi de Murphy. Il y a toujours les imprĂ©vus, les couacs de dernières minutes, les sollicitations intempestives. Dans son domaine en particulier, l’Ă©lectronique et l’informatique peuvent ĂŞtre gĂ©nĂ©reuses en surprises techniques. A l’instar de beaucoup de dirigeants de PME, Christophe mettait un point d’honneur Ă ĂŞtre rĂ©actif. Mais cela a un coĂ»t considĂ©rable en termes de dĂ©sorganisation d’entreprise lorsque ce n’est pas anticipĂ©. Et ce coĂ»t est rarement pris en considĂ©ration dans la tarification finale… La rĂ©activitĂ© sera au dĂ©triment de la pĂ©rennitĂ© si on ne lui laisse pas les crĂ©neaux de flexibilitĂ© nĂ©cessaires.
Chef d’entreprise absorbĂ© par l’opĂ©rationnel
Au final, Christophe passait beaucoup trop de temps sur les tâches qu’il aimait. Au dĂ©triment de ce plan de prospection qui aurait pourtant fait tant de bien Ă l’activitĂ©… Car les activitĂ©s prioritaires ne manquaient pas.
Premièrement, manager son Ă©quipe aurait dĂ» ĂŞtre la prĂ©occupation première de notre dirigeant. En effet, les collaborateurs dĂ©rivaient sur la route de l’abandon et se dirigeaient vers la dĂ©motivation profonde, voire la rĂ©bellion sourde. Deuxièmement, il n’existait aucun plan d’action commercial et le chargĂ© d’affaires agissait au grĂ© des opportunitĂ©s. Alors qu’il reprĂ©sentait les 3/4 du temps commercial total de l’entreprise, il ne ramenait que 30% du chiffre d’affaires. Un plan d’action concret aurait pu doubler, pour le moins, sa performance commerciale. Enfin, le service technique travaillait souvent Ă perte. Les raisons tenaient autant au manque d’organisation qu’Ă une mauvaise stratĂ©gie de prix. Mais voilĂ , tout ceci reprĂ©sentait des tâches que Christophe n’aimait pas faire, et qu’il prĂ©voyait en fin de journĂ©e, en droite ligne avec la loi de Laborit…
Lorsque le moment venait de se mettre aux tâches stratĂ©giques qui incombent au chef d’entreprise, la journĂ©e Ă©tait dĂ©jĂ bien avancĂ©e. Finir sa journĂ©e par les tâches les moins stimulantes reprĂ©sente un vrai risque : celui d’y passer plus de temps. En effet, la fatigue arrivant, notre dirigeant sentait bien qu’il commençait Ă patiner un peu lorsqu’il lui fallait porter une rĂ©flexion stratĂ©gique sur l’organisation de son entreprise. C’Ă©tait d’ailleurs une raison supplĂ©mentaire, pour lui, de ne pas aimer ces tâches : il avait l’impression qu’il n’avançait pas. Et pour cause, il soufrait de la loi d’Illich !

A vouloir plus, sans changer de mĂ©thode, il s’Ă©puise
A ce stade, il se sentait particulièrement coincĂ©, voire Ă©tranglĂ©. Il avait rĂ©gulièrement le sentiment d’ĂŞtre pris au piège et qu’il ne s’en sortirait pas, sauf Ă travailler encore plus. Il le ressentait parfois physiquement, comme s’il ne pouvait plus respirer. NĂ©anmoins, il avait beau entendre son corps, il ne l’Ă©coutait pas souvent, et continuait Ă travailler quand mĂŞme. Lorsqu’il prenait 2 ou 3 jours de repos, exceptionnellement, il sentait bien qu’il revenait avec de l’Ă©nergie et une motivation accrue. Mais 48 heures après son retour, les choses revenaient comme avant, et son efficacitĂ© en Ă©tait largement affectĂ©e.
Un autre moment difficile Ă©tait le tout dĂ©but d’après-midi, après le dĂ©jeuner. La digestion aidant, il avait du mal Ă se concentrer au bureau. Il a donc prĂ©fĂ©rĂ© placer quelques visites de chantiers Ă ce moment-lĂ . Fini ce moment initialement perdu, entre travail inefficace et repos incomplet. Et ça, il tenait compte de la loi de Swoboda-Fliess-Teltscher, et c’Ă©tait une bonne chose !
Il lui est arrivĂ© d’en discuter avec d’autres dirigeants, eux-mĂŞmes bien rodĂ©s en matière de maĂ®trise de leur agenda. Les plus efficaces avaient identifiĂ© l’importance de bien se connaĂ®tre, afin d’optimiser leur propre rythme. Mais ils avaient Ă©galement dĂ©terminĂ© l’importance d’anticiper et de rĂ©aliser les tâches avant qu’elles ne deviennent urgentes. Ce principe, basĂ© sur la matrice d’Eisenhower, fait la part belle aux tâches importantes mais pas urgentes. Cela permet bien souvent de prĂ©venir plutĂ´t que d’avoir Ă guĂ©rir… Au contraire, Christophe travaillait plutĂ´t dans l’urgence et ne suivait pas la loi de l’EcclĂ©siaste.
Cela, Christophe avaient pu le vivre Ă plusieurs reprises. En effet, malgrĂ© sa dĂ©sorganisation extĂ©rieure, il portait en lui les qualitĂ©s d’un ĂŞtre potentiellement organisĂ©. Il savait classer les dossiers de manière structurĂ©e et pertinente, et connaissait l’importance de se prĂ©parer. Ainsi, il avait mis en place un système de rangement logique et sĂ©curisĂ© pour les dossiers de ses clients. Mais au lieu de ranger au fil de l’eau, il avait prĂ©fĂ©rĂ© agrandir les bureaux pour « avoir de la place ». Au final, l’espace d’entreposage Ă©tait devenu trop grand et regroupait Ă la fois les Ă©lĂ©ments classĂ©s et ceux en vrac… Bref, en termes de loi de gestion du temps, nous avions ici la loi de Douglas.
Le nécessaire ré-équilibrage : se positionner comme dirigeant, et non comme technicien
Cette situation l’exaspĂ©rait d’ailleurs rĂ©gulièrement. En dehors du fait d’ĂŞtre Ă©nervĂ©, avec les rĂ©percussions nĂ©gatives que cela pouvait avoir en management, cela accentuait sa perte de temps. L’Ă©nervement perturbe la concentration. A cela s’ajoutaient les interruptions rĂ©gulières, les coups de tĂ©lĂ©phones intempestifs et les collaborateurs venant exposer un problème. De quoi devenir fou ! Dans ce contexte, rĂ©aliser une tâche qui, d’ordinaire, aurait dĂ» prendre 1 heure, demandait au final 3 ou 4 heures. En encore… quand Christophe arrivait Ă la finir ! Il vivait intensĂ©ment la loi de Carlson…
C’est ainsi que l’on arrive Ă un constat effrayant : Christophe perdait entre 5 et 6 heures par jour… Il passait 80% de son temps Ă des tâches inutiles ou qui ne lui incombaient pas. Sur ses 13 heures travaillĂ©es par jour, il ne consacrait que 20% Ă des tâches relevant de sa fonction de chef d’entreprise. Une vraie illustration de la loi de Pareto. Et comme il travaillait trop, il ne les rĂ©alisait pas au mieux… Un vrai cercle vicieux duquel Christophe avait besoin de sortir urgemment !!!
Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les faire, c’est parce que nous n’osons pas les faire qu’elles sont difficiles.
Sénèque
Après cette illustration partiellement fictive, approfondissons les lois de gestion du temps.Â
Utilisez les lois de gestion du temps pour vous libérer du temps
Dix lois de gestion du temps
De manière très synthétique, en voici la liste :
- Loi de Fraisse – Plus l’intĂ©rĂŞt pour une tâche est grand, plus le temps passe vite, et plus on y consacre du temps.
- Loi de Parkinson – Plus on a de temps pour faire quelque chose, plus on en prend effectivement, sans que le résultat soit forcément meilleur.
- Loi de Murphy – Toute activité prend systématiquement plus de temps qu’on ne le prévoyait au départ.
- Loi de Laborit – Chaque individu a une tendance naturelle à faire d’abord les choses qui lui font plaisir.
- Loi de Swoboda-Fliess-Teltscher – Le temps que prend une tâche dépend du moment de sa réalisation et de notre rythme biologique.
- Loi d’Illich – Au-delà d’un certain seuil d’activité, l’efficacité décroît, voire devient négative.
- Loi de l’Ecclésiaste – Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose.
- Loi de Douglas – Plus on a de place, plus on s’étale.
- Loi de Carlson – Tout travail interrompu prend plus de temps et est moins efficace que s’il est effectué de manière continue.
- Loi de Pareto – 80% des tâches ne contribuent que pour 20% du résultat.

Voici quelques questions à se poser pour réfléchir à une organisation plus efficiente, en lien avec les lois de gestion du temps :
Loi de Fraisse
- Comment percevez-vous la durĂ©e de certaines tâches par rapport Ă d’autres, mĂŞme si elles prennent le mĂŞme temps rĂ©el?
- S’il y a des moments oĂą vous ressentez que le temps passe trop vite ou trop lentement, quelles tâches ou activitĂ©s provoquent ces perceptions?
- Comment pourriez-vous ajuster votre planification ou vos routines quotidiennes pour mieux correspondre Ă votre perception personnelle du temps?
Loi de Parkinson
- Pensez à une tâche récente que vous avez accomplie : aurait-elle pu être réalisée plus rapidement si vous aviez eu moins de temps pour la terminer?
- Comment pourriez-vous dĂ©finir des dĂ©lais plus stricts pour vos tâches afin d’accroĂ®tre votre efficacitĂ©?
- Avez-vous dĂ©jĂ remarquĂ© que des tâches sans Ă©chĂ©ance claire, ou avec un dĂ©lai lointain, ont tendance Ă s’Ă©tirer et Ă occuper plus de temps que nĂ©cessaire?
Loi de Murphy
- Quels sont les imprévus ou les obstacles que vous avez rencontrés dans le passé lors de la réalisation de tâches, et comment auriez-vous pu mieux vous y préparer?
- Lorsque vous planifiez une tâche ou un projet, intĂ©grez-vous du temps supplĂ©mentaire pour gĂ©rer d’Ă©ventuels imprĂ©vus?
- Comment pourriez-vous améliorer votre planification pour être plus résilient face aux aléas et aux surprises?
Loi de Laborit
- Pensez à votre journée typique : commencez-vous souvent par des tâches qui vous plaisent, même si elles ne sont pas prioritaires?
- Comment identifiez-vous les tâches qui sont véritablement importantes, même si elles peuvent être moins agréables à réaliser?
- Avez-vous des stratĂ©gies ou des mĂ©thodes pour vous motiver Ă aborder des tâches moins plaisantes mais cruciales? Si non, quelles techniques pourriez-vous envisager d’adopter?
Loi de Swoboda-Fliess-Teltscher
- Avez-vous identifiĂ© des moments spĂ©cifiques de la journĂ©e oĂą vous vous sentez particulièrement Ă©nergique et concentrĂ© ? Et des moments oĂą c’est l’inverse ?
- Comment pourriez-vous restructurer votre journée pour capitaliser sur ces pics de productivité ?
- Comment gérez-vous les tâches ou les engagements pendant vos périodes de faible énergie ou de moindre concentration ? Avez-vous des stratégies pour rester productif ou pour vous accorder des pauses régénératrices ?
Loi d’Illich
- Avez-vous déjà ressenti que plus vous passiez de temps sur une tâche, moins vous étiez productif ou efficace ?
- Comment déterminez-vous le moment idéal pour faire une pause ou changer de tâche afin de préserver votre efficacité ?
- Avez-vous des techniques ou des routines spécifiques pour recharger vos batteries lorsque vous sentez que votre productivité diminue sur une longue période ?
Loi de l’Ecclésiaste
- Pensez-vous qu’il y ait des moments plus appropriĂ©s que d’autres pour certaines de vos tâches ou activitĂ©s ? Si oui, lesquels ?
- Comment pourriez-vous restructurer votre journée ou votre semaine pour aligner vos tâches avec ces moments optimaux ?
- Avez-vous déjà ressenti des frustrations ou des inefficacités en faisant une tâche à un moment qui ne semblait pas approprié ? Comment avez-vous géré ou ajusté cela par la suite ?

Loi de Douglas
- Pensez aux dossiers, aux documents ou aux informations récentes que vous avez mis du temps à retrouver ; où auraient-ils dû être rangés ou classés pour que vous puissiez y accéder facilement et rapidement ?
- Quelles routine ou système pouvez-vous mettre en place pour garder un bureau bien rangé ?
- Qu’est-ce qui doit changer pour que l’entreprise entière (bureaux, ateliers, stocks…) ait un meilleur niveau d’organisation et de rangement ?
Loi de Carlson
- Pouvez-vous identifier des moments rĂ©cents oĂą votre travail a Ă©tĂ© frĂ©quemment interrompu ? Comment ces interruptions ont-elles affectĂ© votre niveau de productivitĂ© et votre Ă©tat d’esprit ?
- Quelles stratégies pourriez-vous mettre en place pour minimiser les interruptions pendant vos périodes de travail intense ou lorsque vous travaillez sur des tâches importantes ?
- Comment gĂ©rez-vous votre environnement de travail et vos outils (comme les notifications sur l’ordinateur ou le tĂ©lĂ©phone) pour garantir des pĂ©riodes ininterrompues de concentration ?
Loi de Pareto
- Si vous deviez identifier les 20 % de vos tâches ou activités qui produisent 80 % des résultats, lesquelles seraient-elles ?
- Comment pourriez-vous réallouer votre temps et vos ressources pour vous concentrer davantage sur ces 20 % essentiels et peut-être déléguer, éliminer ou réduire le temps passé sur les 80 % restants qui sont moins productifs ?
- Avez-vous dĂ©jĂ analysĂ© la valeur ou l’impact rĂ©el des diffĂ©rentes tâches que vous accomplissez rĂ©gulièrement pour dĂ©terminer celles qui offrent le meilleur retour sur investissement de votre temps ?
Bonus : les lois de gestion du temps en 10 commandements
Nous vous proposons ici 10 commandements pour une plus grande efficacitĂ©, en liant chacun d’entre eux Ă une loi de gestion du temps spĂ©cifique.
- 1er Commandement
Tu ne passeras pas trop de temps aux tâches que tu aimes – Loi de Fraisse
- 2e Commandement
Tu affecteras les bonnes ressources Ă chaque tâche, sans excès – Loi de Parkinson
- 3e Commandement
Tu prĂ©voiras une marge pour les imprĂ©vus – Loi de Murphy
- 4e Commandement
Tu feras ce que tu n’aimes pas faire en premier – Loi de Laborit
- 5e Commandement
Tu Ă©couteras ton rythme biologique – Loi de Swoboda-Fliess-Teltscher
- 6e Commandement
Tu t’accorderas des pauses de temps en temps – Loi d’Illich
- 7e Commandement
Tu feras chaque chose en son temps – Loi de l’EcclĂ©siaste
- 8e Commandement
Tu rangeras les dossiers sur ton bureau – Loi de Douglas
- 9e Commandement
Tu resteras concentrĂ© sur la tâche – Loi de Carlson
- 10e Commandement
Tu distingueras l’essentiel du superflu – Loi de Pareto
Conclusion
De toute Ă©vidence la gestion de son temps a un impact immĂ©diat sur la productivitĂ© et la qualitĂ© de vie. Que ce soit au niveau professionnel ou personnel, ĂŞtre mieux organisĂ© et surtout plus efficient apporte un mieux-ĂŞtre bienfaiteur. J’espère que ce article vous aura donnĂ© des clĂ©s pour y arriver !



