Parmi les Ă©lĂ©ments qui permettent aux chefs d’entreprise de dormir sereinement, la trĂ©sorerie arrive sans doute en tĂŞte de liste. Et Ă juste titre : c’est une cause majeure de dĂ©faillance des entreprises. Chacun sait que rĂ©aliser des bĂ©nĂ©fices n’est absolument pas une garantie de pĂ©rennitĂ©. Il est donc normal que le chef d’entreprise se prĂ©occupe prioritairement de l’Ă©tat de ses finances.
La nĂ©cessitĂ© d’une bonne gestion de trĂ©sorerie PME apparaĂ®t clairement quand la situation est difficile. Mais elle existe Ă©galement quand la position de trĂ©sorerie est largement positive. Pourquoi ? Parce qu’une gestion de trĂ©sorerie PME efficace remplit trois fonctions majeures : assurer la liquiditĂ© qui permettra Ă l’entreprise de payer ses dettes, salariĂ©s et fournisseurs ; gĂ©rer les risques et se prĂ©parer aux difficultĂ©s ; amĂ©liorer le rĂ©sultat financier. C’est une source de profit Ă©galement.
1. Le prévisionnel
Dormez mieux grâce à la visibilité financière
Si la gestion de trésorerie PME doit remplir ces trois fonctions, y arriver suppose de respecter quelques règles simples mais incontournables.
C’est lorsque la trĂ©sorerie est excĂ©dentaire que l’on est le mieux Ă mĂŞme de l’amĂ©liorer. La rigueur est de mise, aussi bien au niveau du suivi interne qu’externe. C’est une activitĂ© centrale dans l’entreprise, qui demande un excellent niveau de communication interne. Le trĂ©sorier ne s’intĂ©resse pas au passĂ©, mais Ă l’avenir ; son travail s’appuie sur des prĂ©visionnels.
Ce dernier point constitue souvent le point de fragilitĂ©. Devant la difficultĂ©, voire l’impossibilitĂ©, de prĂ©voir l’activitĂ© future, nombreux sont les chefs d’entreprise qui dĂ©laissent la gestion prĂ©visionnelle de trĂ©sorerie. C’est une erreur fondamentale, Ă ne pas commettre.
Comment procĂ©der : Ă©tablir votre prĂ©visionnel d’activitĂ©
Tout commence par le prĂ©visionnel d’activitĂ©. Il s’agit d’Ă©tablir quelles seront les ventes et les charges pour l’exercice en cours et le prochain exercice. Plusieurs modes opĂ©ratoires existent.
Vous pouvez utiliser votre historique d’activitĂ© et appliquer un coefficient multiplicateur. DĂ©duisez-en un chiffre d’affaires prĂ©visionnel ainsi que les charges qui s’y rapportent. Vous pouvez Ă©galement passer en revue la liste de vos clients, ou ceux qui reprĂ©sentent 80% de votre chiffre d’affaires, et estimer leurs achats futurs. Tenez compte de stratĂ©gies nouvelles qui permettront d’acquĂ©rir de nouveaux clients.
Une autre approche fait intervenir le calcul du point mort. Ce dernier reprĂ©sente le chiffre d’affaires minimum permettant d’avoir un rĂ©sultat comptable nul. Estimez le montant de vos charges fixes, ajoutez-y les charges fixes supplĂ©mentaires que vous prĂ©voyez, ainsi que votre objectif de bĂ©nĂ©fice. Divisez alors par votre taux de marge sur coĂ»t variable (souvent proche du taux de marge brute), et vous obtenez votre point mort.
Ce prĂ©visionnel donne un rĂ©sultat d’exploitation thĂ©orique. Mais il manque un certain nombre d’informations qui vous permettront de suivre rĂ©ellement votre trĂ©sorerie.
Les données essentielles pour affiner votre prévisionnel
Il faut intégrer les éléments suivants :
Les dĂ©lais de paiement (clients et fournisseurs). Le rĂ©gime et les taux de TVA Ă appliquer. Les dĂ©calages entre les achats de matière première ou marchandises et leur utilisation (impact sur le stock). Les prĂ©visions d’acquisition ou de vente d’immobilisations. Les flux financiers non directement liĂ©s Ă l’activitĂ© (financements, modification du capital, versement de dividendes, gestion des comptes courants).
Intégrez ces données dans le calcul de votre trésorerie prévisionnelle. Les grandes masses monétaires annuelles sont utiles pour envisager les financements à moyen et long terme. Par contre, elles sont trop globales pour vous permettre une gestion à court terme. Déclinez donc votre plan annuel en flux par mois, idéalement pour les 6 à 12 mois à venir (période dite « glissante »), en intégrant la saisonnalité le cas échéant.
Mensuellement, la position de trĂ©sorerie est gĂ©nĂ©ralement envisagĂ©e Ă la fin du mois. Mais ce n’est pas obligatoire et il peut ĂŞtre prĂ©fĂ©rable d’envisager un autre moment, en particulier lorsque des Ă©chĂ©ances importantes tombent en milieu de mois et que c’est Ă ce moment-lĂ que la trĂ©sorerie est au plus bas.
 L’approche par les encaissements et les dĂ©caissements
Lorsque vous avez Ă©tabli votre prĂ©visionnel d’activitĂ© et intĂ©grĂ© les donnĂ©es propres aux mouvements de trĂ©sorerie, il est simple de constituer votre plan prĂ©visionnel de trĂ©sorerie en suivant les encaissements et les dĂ©caissements. Tenez compte du dĂ©calage entre les règlements et la facturation correspondante, ainsi que du rĂ©gime de TVA, pour classer le flux de trĂ©sorerie dans la bonne pĂ©riode.
Le prévisionnel comporte alors :
- La trésorerie début de période
- Les ventes TTC, les achats TTC, les frais TTC, les charges de personnel
- La TVA, les impĂ´ts et taxes, les frais financiers
- Les emprunts Ă©mis, les remboursements d’emprunts, l’acquisition d’immobilisations et le paiement des dividendes
- La trésorerie fin de période
L’approche fonctionnelle par le besoin en fonds de roulement (BFR)
L’inconvĂ©nient de l’approche par les encaissements et dĂ©caissements, c’est qu’elle donne peu d’explications sur l’origine de l’Ă©volution de la trĂ©sorerie. Par exemple, elle ne dit pas si cette Ă©volution est liĂ©e Ă l’Ă©volution de la marge d’exploitation, ou Ă celle des conditions de règlements ou encore de la gestion des stocks.
L’approche par le besoin en fonds de roulement apporte ces informations. Le prĂ©visionnel comporte alors :
- La trésorerie initiale
- La marge d’exploitation et les frais financiers
- La variation des postes clients, stocks et fournisseurs (postes constituant le BFR)
- Les nouveaux emprunts, les remboursements d’emprunts, le paiement des dividendes, les modifications de capital et les acquisitions/cessions d’immobilisations (postes constituant le Fonds de Roulement)
- La trésorerie finale
Dans les deux cas, le résultat obtenu doit être identique. Optez pour la méthode qui vous semble la plus pertinente, mais dans tous les cas, réalisez votre prévisionnel de trésorerie. Vous pourrez ensuite anticiper les besoins futurs et réfléchir aux meilleures solutions pour optimiser vos résultats.
2. Les crises
La trĂ©sorerie est le carburant de votre activitĂ©. Sans trĂ©sorerie, vous laissez votre entreprise sur place. Voyagez le rĂ©servoir plein si vous voulez aller loin. Facile Ă dire, mais nombreux sont les chefs d’entreprise qui sont malmenĂ©s par les toussotements de leur entreprise en manque de trĂ©sorerie.
Certes, piloter son entreprise « Ă l’oreille » peut ĂŞtre une facultĂ©. Mais lorsque les soubresauts transforment le pilotage en vĂ©ritable rodĂ©o, nombreux sont ceux qui attrapent le mal de mer. Ou pire. Alors pourquoi certaines entreprises se retrouvent-elles dans le rouge ? Quels sont les profils des entreprises qui connaissent des difficultĂ©s de trĂ©sorerie ? Quelles en sont les causes ? C’est prĂ©cisĂ©ment ce que nous allons explorer.
 Problème de trésorerie : symptôme ou maladie ?
Les difficultĂ©s de trĂ©sorerie sont la face visible d’un problème plus grave : celui de la maĂ®trise de son activitĂ©, aussi bien financière que marketing, commerciale, voire mĂŞme managĂ©riale. En ce sens, elles sont le symptĂ´me, la partie visible de la maladie. Faire disparaĂ®tre le symptĂ´me et retrouver la sĂ©rĂ©nitĂ© demande de creuser en profondeur dans la structure de l’activitĂ© elle-mĂŞme et de dĂ©terminer les origines du problème.
 Et si la croissance menait à la cessation de paiement ?
Dans la plupart des entreprises, il existe un besoin de trésorerie lié au besoin en fonds de roulement. Ce BFR positif est dû au fait que les fournisseurs sont payés avant que les clients ne payent eux-mêmes, et que les stocks et en-cours de production représentent une immobilisation financière.
En consĂ©quence, l’entreprise dĂ©pense avant d’encaisser. Dans cette situation, toute augmentation des ventes se traduira par une dĂ©gradation de la trĂ©sorerie, voire par une cessation de paiement. Plus l’entreprise reçoit de commandes, plus elle doit acheter et produire (le cas Ă©chĂ©ant), et plus elle sort de trĂ©sorerie avant d’en rentrer.
Une augmentation des ventes de 20% se traduit ainsi par une augmentation du BFR de 20%, lorsque tous les autres paramètres du BFR restent inchangĂ©s. Cela ne s’applique pas aux entreprises dont la production ne dĂ©pend pas totalement des ventes (comme les entreprises agricoles par exemple), mais aux entreprises qui sont en mesure d’ajuster leurs achats en fonction des commandes qu’elles reçoivent. C’est le cas de la majoritĂ© des entreprises.
Celles qui sont particulièrement fragiles face Ă cette cause de dĂ©gradation de la trĂ©sorerie sont les jeunes entreprises ayant une activitĂ© commerciale dynamique et une forte croissance. Dans ce cas, deux approches s’imposent : financer la croissance ou la limiter. Nous les dĂ©taillerons dans notre prochain article.
La gestion du BFR est-elle optimale ?
La proportionnalitĂ© entre le chiffre d’affaires et le BFR n’est pas toujours de mise. Ce dernier peut Ă©voluer de manière indĂ©pendante de l’activitĂ© commerciale. Laissez filer la rigueur sur le règlement par vos clients, nĂ©gligez les litiges qui retardent certains paiements, sur-stockez ou gardez en stocks des produits commandĂ©s par erreur, subissez les contraintes plus fortes de vos fournisseurs qui raccourcissent vos dĂ©lais de paiement : vous verrez votre BFR s’envoler aussi haut que votre trĂ©sorerie descendra Ă un niveau abyssal.
Tous ces points tĂ©moignent d’une gestion de BFR qui n’est pas optimale, et qui ne dĂ©pend pas de votre activitĂ© commerciale. Surveillez chacun de ces paramètres.
Avez-vous la bonne approche de financement ?
Lorsque la trĂ©sorerie est bonne, il est tentant de l’utiliser pour financer l’acquisition d’actifs immobilisĂ©s (outils de production, licences, etc.). « Après tout, pourquoi payer des intĂ©rĂŞts sur de l’argent empruntĂ© alors que l’entreprise en a sur son compte en banque ? » peut-on penser parfois. Certes, c’est une question lĂ©gitime.
Mais cela ne tient pas compte de plusieurs facteurs. Avez-vous une assez bonne visibilitĂ© Ă moyen terme (3 Ă 5 ans) pour vous assurer d’une disponibilitĂ© intĂ©grale de la trĂ©sorerie ? ĂŠtes-vous sĂ»r de votre carnet de commandes sur la pĂ©riode ? Cela nous ramène Ă la nĂ©cessitĂ© d’un prĂ©visionnel de trĂ©sorerie Ă jour.
Quelles sont les options de placement Ă disposition qui permettraient de rĂ©munĂ©rer la trĂ©sorerie de l’entreprise, si celle-ci est largement excĂ©dentaire ?
De manière générale, retenez ce principe : les immobilisations à long terme doivent être financées par des ressources stables (capitaux, emprunts à moyen et long terme). Les ressources à court terme (dettes fournisseurs, découverts et lignes de crédit) ne doivent pas financer ces immobilisations.
Or, le risque d’un auto-financement via l’utilisation de la trĂ©sorerie de l’entreprise pour acquĂ©rir des immobilisations Ă long terme, c’est qu’en cas de retournement de situation (baisse d’activitĂ©, charges exceptionnelles), l’entreprise n’ait plus la disponibilitĂ© suffisante et puise dans ses ressources Ă court terme. Il y a alors dĂ©sĂ©quilibre entre les immobilisations (emplois stables) et les ressources stables.
Subissez-vous une rĂ©duction de l’activitĂ© ?
Pour une entreprise qui a un BFR nĂ©gatif (cas de la grande distribution oĂą les clients règlent avant que l’entreprise ne doive rĂ©gler ses fournisseurs), une hausse d’activitĂ© a l’effet inverse : la trĂ©sorerie s’amĂ©liore. Mais quand l’activitĂ© baisse, la trĂ©sorerie baisse Ă©galement.
Dans les entreprises oĂą le BFR est traditionnellement positif, une baisse d’activitĂ© devrait amĂ©liorer la trĂ©sorerie. Cela est vrai Ă condition que les achats suivent prĂ©cisĂ©ment les ventes, ce qui n’est pas toujours le cas. Lorsque les achats ne sont pas rĂ©duits lors d’une baisse d’activitĂ©, la trĂ©sorerie va baisser et se retrouver dans le stock.
Bien suivre l’Ă©volution de son BFR est essentiel pour ajuster l’activitĂ© rapidement.
 Maîtrisez-vous vos marges ?
Derrière cette question se cache celle de la rentabilitĂ© de l’entreprise. Une entreprise en perte verra ses capitaux baisser, et avec eux la capacitĂ© de l’entreprise Ă gĂ©nĂ©rer du fonds de roulement et donc de la trĂ©sorerie. Plusieurs annĂ©es de perte peuvent ĂŞtre ainsi fatales Ă l’entreprise.
GĂ©nĂ©rer du bĂ©nĂ©fice suppose de maĂ®triser ses marges (brutes, nettes, totales, etc.) et de s’intĂ©resser Ă plusieurs facteurs : la maĂ®trise des coĂ»ts (achats, productivitĂ©, qualitĂ© et conformitĂ©) et la maĂ®trise du marchĂ© (marketing, ventes).
IndĂ©niablement, la trĂ©sorerie permet Ă l’entreprise de fonctionner. Mais pour gĂ©nĂ©rer de la trĂ©sorerie, l’entreprise doit fonctionner correctement dans sa globalitĂ©. En tant que chef d’entreprise, vous ĂŞtes le garant de ce fonctionnement optimal.
3. Financement et optimisation de la trésorerie
Lorsque vous dĂ©veloppez votre entreprise, la recherche de solutions de financement adaptĂ©es est une Ă©tape dĂ©cisive. Il est essentiel de combiner intelligemment les outils Ă votre disposition pour trouver le juste Ă©quilibre. L’objectif est d’Ă©viter le sur-financement, qui gĂ©nère des frais inutiles par une surestimation des besoins, tout en prĂ©venant le sous-financement, qui vous pousserait Ă une utilisation coĂ»teuse du dĂ©couvert bancaire.
Les leviers externes pour améliorer votre trésorerie
Dans un premier temps, votre priorité doit rester la maîtrise constante de votre Besoin en Fonds de Roulement (BFR). En vous appuyant sur des outils de pilotage et des prévisionnels fiables, vous identifiez les causes réelles de vos besoins et actionnez les leviers internes nécessaires. Une fois cette base assainie, le recours à des apports externes devient un complément stratégique pour votre gestion de trésorerie PME.
Parmi les solutions courantes, vous pouvez solliciter :
Des apports en capital ou en compte courant.
Un financement bancaire Ă long terme.
Des subventions spécifiques.
Le crédit fournisseur.
Les crédits de mobilisation classiques
Pour optimiser votre trĂ©sorerie sur le court terme, il existe des solutions de financement dĂ©diĂ©es. L’escompte commercial, le financement loi Dailly, l’affacturage ou encore les dispositifs proposĂ©s par la BPI sont autant de leviers mobilisables. Chaque option rĂ©pond Ă des besoins spĂ©cifiques et nĂ©cessite une analyse rigoureuse de votre situation financière actuelle.
L’escompte commercial
Cette mĂ©thode permet de cĂ©der vos effets de commerce Ă la banque en Ă©change d’une avance de fonds. Ă€ l’Ă©chĂ©ance, votre client règle la banque, remboursant ainsi le crĂ©dit sans mĂŞme le savoir. Si cet outil facilite le partage du risque, son usage reste parfois limitĂ© par le mode de paiement de vos clients. En effet, il exige une part importante de règlements par traites, lesquelles ne sont pas toujours retournĂ©es assez rapidement pour garantir une fluiditĂ© rĂ©elle.
Le financement loi Dailly
Ce dispositif repose sur la cession de vos factures directement Ă la banque. Dans certains cas, mĂŞme un bon de commande confirmĂ© peut ĂŞtre cĂ©dĂ© pour obtenir un crĂ©dit partiel. Cependant, cette solution comporte des contraintes : la gestion administrative est spĂ©cifique et le coĂ»t peut s’avĂ©rer Ă©levĂ© pour de petits montants. Soyez Ă©galement vigilant sur votre image, car la notification aux clients peut parfois ĂŞtre perçue comme un signe de fragilitĂ© financière.
L’affacturage ou factoring
L’affacturage fonctionne par la cession de vos factures Ă un factor, moyennant une retenue de garantie. Au-delĂ du financement, le prestataire peut prendre en charge le recouvrement et l’assurance-crĂ©dit. C’est une solution particulièrement pertinente pour les entreprises en forte croissance confrontĂ©es Ă une hausse de leur BFR. Pour optimiser les coĂ»ts, il est prĂ©fĂ©rable de nĂ©gocier ces contrats lorsque votre situation est saine et vos besoins Ă court terme maĂ®trisĂ©s, ce qui renforce l’importance de vos prĂ©visionnels.
Le financement de créances publiques BPI
Ce mĂ©canisme est spĂ©cifiquement conçu pour les entreprises travaillant avec les secteurs public et parapublic. Il s’articule autour d’une ligne de crĂ©dit validĂ©e en amont. En dehors de ces options classiques, il existe d’autres solutions moins conventionnelles, offrant des garanties variĂ©es ou parfois aucune garantie, qu’il convient d’Ă©tudier selon votre profil de risque.
4. Autres solutions de financement pour votre entreprise
En complĂ©ment des solutions classiques basĂ©es sur les crĂ©ances clients, il existe de nombreux dispositifs de financement adaptĂ©s Ă des besoins spĂ©cifiques. Ces options peuvent comporter des garanties variĂ©es, ou parfois aucune, et permettent souvent d’ĂŞtre combinĂ©es pour une stratĂ©gie de financement sur mesure.
Les crédits non liés aux créances clients
Ces outils permettent de mobiliser des actifs ou d’ajuster votre trĂ©sorerie selon votre cycle d’activitĂ©. Voici les leviers les plus courants pour optimiser votre gestion de trĂ©sorerie :
Le crĂ©dit contre nantissement des stocks : Vous gagez vos stocks en faveur de la banque contre une ligne de financement. Ils sont bloquĂ©s par un magasin gĂ©nĂ©ral qui dĂ©livre un « warrant », certificat de dĂ©pĂ´t que vous endossez auprès de la banque. C’est une solution particulièrement adaptĂ©e aux entreprises industrielles ayant un cycle de production long ou une forte saisonnalitĂ©.
Le crĂ©dit de campagne : IdĂ©al pour les activitĂ©s saisonnières, il repose sur un prĂ©visionnel. La banque vous accorde une ligne de crĂ©dit dont le montant Ă©volue selon vos pics d’activitĂ©. Ce crĂ©dit est très souvent adossĂ© Ă un gage sur stock.
Le lease back : Cette opération consiste à céder un actif tout en le conservant en location. Vous injectez ainsi des liquidités immédiates dans votre trésorerie sans interrompre votre exploitation.
Le dĂ©couvert : C’est une solution d’une grande simplicitĂ©. Vous ne payez des intĂ©rĂŞts que sur les montants rĂ©ellement utilisĂ©s. Cependant, cette flexibilitĂ© a un coĂ»t : c’est un mode de financement souvent plus onĂ©reux que les autres solutions.
La facilitĂ© de caisse : Il s’agit d’une avance temporaire de trĂ©sorerie destinĂ©e Ă couvrir un besoin ponctuel et immĂ©diat.
Les financements Ă court terme pour besoins importants
Lorsque votre entreprise fait face à des situations particulières, des solutions de financement spécifiques peuvent être mobilisées pour des montants élevés :
L’avance en devises export : Vous empruntez dans la devise de facturation pour la durée de celle-ci. Cette méthode apporte non seulement une solution de financement, mais sécurise également votre marge en limitant les risques liés à la variation des taux de change.
Le crĂ©dit spot : Ce crĂ©dit est dĂ©diĂ© aux montants très importants, se chiffrant en millions d’euros, pour des durĂ©es extrĂŞmement brèves allant de quelques jours Ă une semaine.
Les billets de trĂ©sorerie : Ce mĂ©canisme permet de mettre en relation directe des entreprises ayant un besoin de liquiditĂ©s avec celles disposant d’excĂ©dents, sans passer par une intermĂ©diation bancaire classique.
Vous disposez dĂ©sormais d’une vision complète des options Ă votre portĂ©e. Prenez le temps d’Ă©valuer prĂ©cisĂ©ment la nature et la durĂ©e de vos besoins avant de sĂ©lectionner la solution la plus adaptĂ©e Ă votre situation.
Article co-écrit avec Christophe Sadorge, gérant de Cash-Réflexe, cabinet indépendant spécialisé en gestion de trésorerie avec une solide expérience au sein de groupes français et internationaux.
Pour un accompagnement personnalisé dans le pilotage de votre trésorerie, faites appel à votre coach Jimmy Béteau.



